L’histoire du Sri Lanka

 

L’histoire du Sri Lanka est très riche et très mouvementée. Appelée Ceylan jusqu’en 1972 elle doit son nom actuel à une référence aux poèmes mythologiques des brahmanes de l’Inde. Elle compte environ 20 millions d’habitants sur 65.000 km2. Près d’un million d’entre eux vivent à Colombo, la capitale, au bord de l’océan Indien. Pendant trois siècles la capitale fut Kandy, celle d’un royaume qui résista aux assauts des Portugais et des Hollandais avant de disparaître sous la colonisation Britannique

La situation de l’île au milieu de l’océan Indien en fait très tôt un centre de commerce très important, les marins de la Rome antique la nomment « Taprobane ». Les commerçants arabes maîtrisent les échanges entre la Méditerranée et le monde indien jusqu’à l’arrivée des Portugais. Les navigateurs portugais à la recherche des épices s’emparent en 1505 des régions côtières, font alliance avec les rois cinghalais de Kandy et y introduisent le catholicisme. Les Hollandais chassent et remplacent les Portugais en 1658.

Dès 1796 Ceylan est colonisée par les britanniques mais elle n’est annexée en tant que colonie de la Couronne qu’en 1802. Après avoir définitivement balayé les dernières résistances du royaume de Kandy les Anglais développent des plantations de thé et d’hévéas. Ils importent des Tamouls indiens dans leurs plantations pour bénéficier d’une main d’œuvre bon marché. Ils mettent en place un système d’écoles gérées par l’État et l’Église anglicane, écartent l’éducation bouddhiste traditionnelle et dépossèdent les moines de leurs plus importantes fonctions dans la société. La discrimination entre Cinghalais et Tamouls soulève vite des réactions nationalistes chez les premiers et suscite de fortes animosités envers les Britanniques et les seconds. La forte résistance menée par les Cinghalais oblige Londres en 1931 d’octroyer une autonomie interne à l’Île. La Constitution Soulbury de 1947 donne une représentation de 65 % pour les Cinghalais et de 35 % pour les Tamouls. En 1948, année capitale pour l’histoire du Sri Lanka, l’indépendance complète est accordée, un an après celle de l’Inde.

L’île de Ceylan accède à l’indépendance en février 1948 dans le cadre du Commonwealth. Le premier parlement de Colombo compte 58 Cinghalais, 29 Tamouls et 8 musulmans. Les Cinghalais dominent d’emblée la politique, la justice, l’administration, l’armée et l’économie.

Le gouvernement supprime la citoyenneté à un million de « Tamouls des montagnes » dont les ancêtres furent installés comme coolies dans l’île par les Anglais. Les Cinghalais réduisirent alors d’un tiers la représentation tamoule au Parlement. Cela provoque une profonde animosité au sein de la communauté tamoule et les conforte dans leur crainte de voir s’instaurer dans le pays une « dictature par la majorité ».

En 1956, alors qu’il a axé sa campagne électorale sur la primauté de la langue, de la culture et de la religion cinghalaises, le Sri Lanka Freedom Party (SLFP) ou Parti sri-lankais de la liberté prend le pouvoir. Il adopte une loi, la Official Language Act, qui déclare que le cinghalais est la langue officielle de Ceylan et que le bouddhisme est religion d’État.

 Des conflits ethniques entre Cinghalais et Tamouls déchirent périodiquement le pays et menacent son existence même. A la fin des années soixante-dix le Front uni de libération des Tamouls demande la création d’un État indépendant dans les provinces du Nord et de l’Est.

À partir de 1983, les dissidents tamouls, regroupés au sein des Tigres de la libération de l’Eelam tamoul (LTTE) entrent en rébellion contre le régime de Colombo. Ils vont jusqu’à créer une unité appelée le « Women’s Front » ou des fillettes effectuent des missions suicides et portent des capsules de cyanure à leur cou pour ne pas se faire capturer.  En 1987, après une offensive sur la ville de Jaffna les gouvernements de l’Inde et du Sri Lanka signent un accord pour une action politique et militaire concertée en vue de mettre un terme au conflit.

Le tamoul redevient l’une des deux langues nationales du Sri Lanka mais le cinghalais reste la langue officielle et administrative dans tout le pays. La guerre reprend en 1993 après l’assassinat du président Premadasa, élu en 1989. Le gouvernement interdit le LTTE après un attentat suicide à Kandy, lieu saint du bouddhisme.

Le 3 août 2000 le gouvernement du Sri Lanka présente un projet de Constitution fédérale accordant un important pouvoir aux Tamouls. L’autonomie dont il est question n’est pas l’indépendance, cette forme de fédéralisme, est indissoluble. Les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) la rejette et réclament à nouveau l’indépendance pure et simple.

Le 26 décembre 2004 un tremblement de terre de magnitude 9 au large de Sumatra cause un important tsunami qui entraîne la mort de 31.000 personnes au Sri Lanka. La guerre contre le LTTE s’est conclue en 2009 par une victoire militaire du gouvernement.